Affichages obligatoires en restaurant : la liste à jour pour 2026
La réponse courte
Côté clients : les prix (dehors et dedans), les allergènes par écrit, l'origine des viandes, l'affiche sur l'alcool et les mineurs si vous servez de l'alcool, et l'interdiction de fumer. Côté équipe : les coordonnées de l'inspection du travail et de la médecine du travail, et quelques mentions sociales. Les affiches d'hygiène en cuisine, elles, sont conseillées mais pas imposées.

Il manque presque toujours une affiche dans une salle de restaurant. Rarement par mauvaise volonté : le plus souvent, personne n'a jamais donné la liste complète au gérant, alors il a recopié ce qu'il avait vu chez le voisin.
Voici donc la liste, rangée selon l'endroit où ça s'affiche. Pour chaque point, je vous donne le texte qui l'impose, pour que vous puissiez vérifier par vous-même.
Dehors, avant même d'entrer
Le client doit pouvoir lire vos prix sans pousser la porte. C'est l'arrêté du 27 mars 1987 qui le prévoit : les menus et la carte du jour sont affichés à l'extérieur pendant toute la durée du service, et au plus tard à partir de 11 h 30 pour le déjeuner et de 18 h pour le dîner. Les prix affichés sont ceux que le client paiera vraiment, taxes et service compris.
En salle
Les prix des boissons
Toujours le même arrêté de 1987. À l'intérieur, vous devez afficher le prix des boissons et denrées les plus servies : la tasse de café, le demi pression, la bière en bouteille, le jus de fruit, le soda, l'eau minérale, l'apéritif anisé, le plat du jour et le sandwich. Le texte impose même une taille minimale des lettres et des chiffres : 1,5 cm.
Les allergènes
Là, beaucoup se trompent. Depuis le décret du 17 avril 2015, l'information sur les 14 allergènes doit être donnée par écrit, et le client doit pouvoir y accéder directement dans la salle. Dire au client « demandez au serveur » ne suffit pas si rien n'est écrit nulle part.
Pour mémoire, les 14 : gluten, crustacés, œufs, poissons, arachides, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, sésame, sulfites, lupin et mollusques. Le piège classique, ce sont les sulfites dans le vin de la sauce ou la moutarde cachée dans une vinaigrette maison.
Vous avez le choix de la forme : mention à côté de chaque plat sur la carte, classeur à disposition, ou tableau des allergènes affiché.
L'origine des viandes
Pour le bœuf, c'est obligatoire depuis 2002. Depuis mars 2022, la règle s'applique aussi au porc, à l'agneau et à la volaille quand vous les achetez crus, et un décret du 13 février 2025 l'a rendue définitive. Vous indiquez le pays d'élevage et le pays d'abattage, et pour le bœuf le pays de naissance en plus. Une ardoise ou une affiche suffit, tant que c'est lisible.
L'alcool, si vous en servez
Un établissement qui sert de l'alcool doit afficher l'affiche « Protection des mineurs et répression de l'ivresse publique ». Il existe un modèle officiel, inutile d'en inventer un.
Le tabac et la cigarette électronique
L'interdiction de fumer doit être signalée par une affiche réglementaire dans les lieux fermés, en vigueur depuis le 1er janvier 2008 dans les bars et restaurants. Pour le vapotage, depuis octobre 2017, l'interdiction vise les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif, donc votre cuisine, votre réserve et vos vestiaires : là aussi, une signalisation est prévue.
Le « fait maison », seulement si vous l'utilisez
Personne n'est obligé de revendiquer le fait maison. Mais si vous le faites (le dispositif existe depuis 2014), les règles sont précises : le logo ou la mention à côté des plats concernés, et une phrase qui explique ce que ça veut dire, visible par tous les clients.
Côté équipe
Ces affichages-là concernent vos salariés, pas vos clients. Dès le premier salarié, vous devez porter à leur connaissance, entre autres :
- l'adresse et le téléphone de l'inspection du travail et de la médecine du travail ;
- les numéros d'urgence ;
- la convention collective applicable ;
- l'interdiction du harcèlement moral et sexuel, et les textes sur l'égalité de rémunération entre femmes et hommes ;
- les horaires collectifs de travail.
Pour une partie de ces informations, la loi accepte aujourd'hui « tout moyen » : un panneau dans le vestiaire, un document remis à l'embauche, un intranet. Dans un restaurant, le panneau reste le plus simple, et c'est ce que l'inspecteur du travail trouvera le plus vite.
Et en cuisine ?
On me pose souvent la question : faut-il afficher le lavage des mains, les températures, le plan de nettoyage ? Aucun texte ne l'impose sous forme d'affiche. Le règlement européen sur l'hygiène vous demande d'appliquer de bonnes pratiques et de pouvoir le prouver, pas de les punaiser au mur.
Cela dit, je conseille de le faire. Une affiche de lavage des mains au-dessus du lave-mains et le plan de nettoyage près de la plonge, ça aide le commis qui arrive un lundi matin, et ça montre à l'inspecteur que le sujet est pris au sérieux.
Une erreur qui circule : le Plan de Maîtrise Sanitaire ne s'affiche pas. C'est un dossier : l'inspecteur demandera à voir vos procédures d'hygiène et vos enregistrements, qu'on réunit en général dans un PMS. Le générateur de PMS de LockHACCP fournit aussi les affiches qui concernent votre activité, prêtes à imprimer.
Questions fréquentes
Les affiches doivent-elles être des modèles officiels ?
Pour certaines, oui : l'affiche sur l'alcool et les mineurs et la signalisation d'interdiction de fumer ont des modèles fixés par arrêté. Pour les prix, les allergènes ou l'origine des viandes, la forme est libre tant que l'information est complète et lisible.
Une ardoise suffit-elle pour l'origine des viandes ?
Oui, si elle est lisible par les clients et à jour. Le texte n'impose pas de support particulier.
Sources
- Arrêté du 27 mars 1987 relatif à l'affichage des prix dans les établissements servant des repas, denrées ou boissons à consommer sur place
- Décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 relatif à l'information des consommateurs sur les allergènes et les denrées alimentaires non préemballées
- Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires
- Décret n° 2022-65 du 26 janvier 2022 sur l'origine des viandes en restauration
- Décret n° 2025-141 du 13 février 2025 pérennisant l'indication de l'origine des viandes
- Décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006 relatif à l'interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif
- Règlement (CE) n° 852/2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires